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Tristan Tzara/L’homme approximatif

  
Tristan Tzara/ L’Homme Approximatif
I I
la terre me tient serré dans son poing d’orageuse angoise

que personne ne bouge! on entend l’heure se frayer le vol de mouche

et rejoindre la journée en quête d’une fin

serrons entre les mâchoirs les minutes qui nous séparent

*

haut les mains? pour accueillir l’ange qui va tmber

s’effeuiller en neige de lucioles sur vos têtes

ciel affaibli par le vent qui a tant soufflé

nous payerons des souffrances les innombrables dettes

*

la gare s’épaissit de jeux de sifflets

tant de volontés nagent dans l’amère densité

que la sonnerie mène le flot rongeur

avec les noires et fétides indignations entrailles spumeuses de la terre

aux surfaces veloutées vers quels buts buveurs d’espoirs

qu’on achète au prix de lentes semences

ornés des attributs des corps de métiers

qu’on boit dans les abreuvoirs avec de reniflantes narines de cheval

qu’on chasse en cercles dans les manèges villageois

qu’on fume la pipe vieille d’aigles

qu’on garde garde bergers des toits fumant le soir

entrevus dans les glaces pressentis au coeur de pierres

au fond des mines de pétrole sur des sommiers de lourds limons

dans les granges où la vie se mesure avec le grain

mousses clairs coussins des eaux assises dans le soleil

*

(…)
(Gallimard, 1968, first published in 1931)
The ‘poems in prose’ in L’homme Approximatif (1925-1930) serve as good examples of the famous ‘stream of consciousness’ technique of writing, in which the written words, sentences, paragraphs are virtually dictated by an inner process that in no longer mastered or owned by the poet himself. He or she only makes it happen. A bit similar to what James Joyce did in Finnegan’s Wake and in Ulysses. Or, in a funny way, think of rap and hiphop on a slightly more subdued level.

#ajournalofuneventfuldays #tristan tzara

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